vendredi 16 août 2019

Le coup aux Echecs

Attention, Évaluation, Décision et Exécution. 

1. ATTENTION
Pourquoi a-t-il joué ce coup?
Quelles sont ses menaces?
Peut-il capturer une de mes pièces?
Quel objectif poursuit-il?
2. ÉVALUATION
À vérifier après chacun des coups, autant du côté des Blancs que des Noirs :
Tous les ÉCHECS possibles
Toutes les
CAPTURES possibles
Toutes les
MENACES possibles
S’il n’y a aucuns échecs, captures ou menaces possibles, alors votre stratégie est d’
ACTIVER une de vos pièces ou MINIMISER celles de votre adversaire.
Autres exemples de pistes de réflexion en milieu de partie :
  • Terminer votre développement avant d’attaquer (sortir toutes les pièces)
  • Ouvrir une colonne pour vos Tours
  • Ouvrir une diagonale pour vos Fous
  • L’occupation de la colonne et de la diagonale ouvertes
  • Créer des faiblesses dans la position de l’adversaire
  • L’amélioration de la position de vos pièces (point majeur dans votre réflexion)
  • Mettre votre Roi en sécurité
  • L’intrusion sur la 7e ou 8e traverse avec une Tour
  • Affaiblir la structure de Pions adverse
  • Trouver un avant-poste pour votre cavalier
  • Créer une majorité de Pions suivis d’un Pion passé
  • Le blocage des Pions passés adverse
  • L’obstruction des pièces adverses
  • Réalisation d’une combinaison tactique
3. DÉCISION
Je joue mon coup dans ma tête, je visualise la position comme si le coup avait bel et bien été joué. Je regarde ensuite si j’ai des pièces non protégées que mon adversaire pourrait attaquer et les menaces de réseau de mat.
4. ÉXÉCUTION
Si votre adversaire ne peut capturer aucune de vos pièces et n’a pas de réseaux de mats, alors vous jouez votre coup avec confiance.

La gestion du temps aux échecs


10_conseilsToujours dans le but d’améliorer votre réflexion stratégique aux échecs, j’ai effectué plusieurs recherches sur la gestion du temps durant une partie d’échecs.
Pour débuter, il existe trois façons de perdre une partie :
  • Abandonner
  • Échec et mat
  • Perdre au temps
La pendule est un élément indispensable dans un tournoi d’échecs. Le supprimer reviendrait à accepter des conditions de jeu inégal pour les deux joueurs et surtout à abuser du temps de réflexion. C’est pourquoi j’ai décidé d’écrire sur la gestion du temps.
Pourquoi êtes-vous toujours en zeitnot?
Un joueur est en zeitnot (de l’allemand Zeit = temps et Not = pénurie) lorsque l’on dispose de très peu de temps pour finir la partie. Habituellement, vous avez moins d’une minute par coup pour passer le temps de contrôle (30 coups/90 minutes + 60 minutes mat) ou pour finir la partie.
Combien de parties gagnantes et de réflexions profondes ont été perdues par le manque de temps. La plupart des joueurs d’échecs en ont déjà fait l’expérience et d’autres sont reconnus pour être toujours en pression de temps.
Le cas des joueurs qui se retrouvent régulièrement en zeitnot (en pression de temps), gaspillent souvent leur temps à calculer une multitude de variantes, évaluent mal la position et finissent toujours par jouer la mauvaise variante, ce qui les replongent dans leur réflexion profonde pour trouver une solution à leur mauvaise position.
Selon Nokolaï Kroguious « Pourquoi un joueur accorde-t-il à un coup plus de temps qu’il n’est nécessaire? Parce qu’il refuse systématiquement de prendre une décision. Il manque de confiance en soi même dans les positions les plus simples »
Dans son livre « La psychologie au jeu d’échecs », Nokolaï Kroguious a isolé plusieurs causes objectives au zeitnot, en voici six :
1. L’insuffisance de la préparation théorique
Une connaissance incomplète des positions typiques de milieu de partie et de fin de partie, des plans de développement et des ouvertures entraîne une perte de temps. Un joueur qui a mal préparé son ouverture ne se sent pas sûr de lui. Il vérifie constamment ses analyses avant de jouer son coup.
La préparation théorique n’est pas tout, il est indispensable de savoir comment évaluer correctement une position.
2. Le manque de pratique
Si vous participez seulement à un ou deux tournois par année, votre manque de pratique augmente le risque de se retrouver en zeitnot. La rouille s’installe dans vos neurones et ralentit votre temps de réflexion. Je vous suggère de pratiquer 30 minutes de tactiques par jour pour améliorer l’analyse d’une position et votre vision du jeu.
3. La complexité d’une position
Un joueur a besoin de plus de temps pour résoudre une position complexe et dynamique. Il faut réfléchir davantage pour trouver un plan.
Pendant une partie, il y a des moments où l’on doit examiner très attentivement la position en y passant de 15 à 20 minutes et parfois plus. Ceci implique qu’il vous faudra jouer plus rapidement les autres coups.
4. La recherche délibérée du zeitnot
Il existe des cas où un joueur qui n’est pas satisfait de sa position se met volontairement en zeitnot dans le but d’engager une guerre psychologique (vous connaissez surement quelqu’un). Le résultat est souvent en sa faveur. J’ai essayé cette stratégie à quelques reprises et cela a très bien fonctionné!
En effet, votre adversaire, espérant un gain à la pendule contre vous, devient trop excité pour préserver son sens critique. Il ne parvient plus à contrôler ses émotions et joue des coups sans vraiment réfléchir pour que vous ne pensiez pas sur son temps. Quelle erreur de sa part!
5. Doutes concernant l’analyse
Certains joueurs sont tellement consciencieux, qu’ils recherchent le coup parfait. Dans sa quête à la perfection, la pendule continue de tourner et les indécisions ne font que s’accroître.
6. Doutes liés à l’importance exagérée de la force de l’adversaire
Lorsque vous jouez une partie d’échecs contre un adversaire qui a plus de 200 points Élo de plus que vous, vous envisagez continuellement toutes les combinaisons tactiques éventuelles de votre adversaire. Vous avez l’impression de voir des dangers là où il n’y a pas.

Trois stratégies si votre adversaire est en zeitnot

1) Exclure de votre tête que vous ayez un avantage de temps sur votre adversaire.
2) L’erreur psychologique la plus fréquente consiste à accélérer son propre rythme de façon à ce que votre adversaire n’ait pas la possibilité de réfléchir sur votre temps. Ceci entraine un nivellement du temps et vous empêche de bien comprendre la complexité de la position et de jouer le meilleur coup.
3) Quand votre adversaire est à court de temps, ne vous pressez pas. Soyez vigilant. N’oubliez jamais qu’il n’a rien à perdre et qu’il trouvera rapidement la bonne réponse à votre coup hâtif.

Trois stratégies pour corriger votre problème de zeitnot

Voici des suggestions pour améliorer votre gestion de temps
  1. Avant chaque partie, estimez le temps moyen pour jouer chacun de vos coups selon la cadence proposée. On suppose toujours qu’une partie dure 60 coups :






2) Le champion du monde Mikhail Botvinnik suggérait à ses élèves qui avaient des problèmes de zeitnot de jouer ses parties en se concentrant uniquement sur la pendule, et non sur le résultat ou la qualité du jeu. Vous devez écrire sur votre feuille de partie, à chacun de vos coups, le temps restant sur votre horloge. 90 % de ses élèves ont réglé leur problème de zeitnot.
3) Botvinnik insistait également auprès de ses élèves que les 15 premiers coups doivent équivaloir à 20 % de votre temps. Exemple : une partie de 90 minutes mat, vous devez jouer vos 15 premiers coups en 18 minutes (20 % de 90 minutes). Vous voyez l’importance de bien étudier et connaître ses ouvertures. Cette simple stratégie vous donne le 20 minutes nécessaire pour analyser en profondeur une position complexe.

dimanche 24 février 2019

Six qualités essentielles à avoir pour être bon aux échecs

S'il vous manque ces qualités, vous ne pourrez pas briller dans cette discipline.

La réponse de John Fernandez, 2.133e au classement Elo:

Le talent pour les échecs se manifeste généralement dans six domaines:
La concentration. Une partie d’échecs dure longtemps (jusqu’à sept heures selon les formats). Si vous n’arrivez pas à vous concentrer, vous aurez du mal à jouer.
La mémoire. Pour bien jouer, vous devez mémoriser beaucoup de théories: théorie des ouvertures, théorie de milieu de partie et théorie des finales. Vous devez aussi vous souvenir des lignes que vous calculez, ainsi que d’autres jeux pour identifier des thèmes similaires (voir La reconnaissance des motifs ci-dessous). Si votre cerveau ne parvient pas à retenir les informations, jouer aux échecs vous sera très difficile.
La capacité à apprendre. Vous devez apprendre. Beaucoup. Il est important que vous aimiez apprendre. Si ce n’est pas votre cas, les échecs ne sont pas pour vous. Cette capacité peut être liée à votre intérêt pour les échecs: si vous appréciez le jeu, il vous fascinera et vous serez plus à même d’apprendre. Ce peut être une activité sympa, qui en plus vous aidera à vous améliorer.
L’autocritique. La capacité à analyser une situation de façon objective est très importante aux échecs. «Pourquoi ai-je commis cette erreur?», «Qu’ai-je manqué?», «Qu’a fait mon adversaire de plus que moi?» sont autant de questions que vous devrez vous poser après une partie. Il est très utile de savoir y répondre d’une manière qui vous permettra de vous améliorer.
La détermination. Le talent aux échecs est une question de volonté. Il faut vouloir s’améliorer. L’amélioration continue est au cœur du jeu; si vous n’en faites pas un objectif, vous n’irez pas loin. (En toute honnêteté, c’était ma plus grosse faiblesse. Mon objectif était de figurer au classement FIDE. Une fois que j’y suis parvenu, j’ai eu du mal à me trouver un nouvel objectif atteignable et stimulant à la fois.)
La reconnaissance des motifs. À mon avis, c’est la compétence la plus importante aux échecs. Si vous êtes capable de reconnaître les motifs (ce n’est pas exactement de la mémoire, parce qu’on ne retient pas la position, mais on enregistre le thème), vous progresserez très vite. Je pense que c’est l’élément fondamental.
Si vous possédez ces six qualités, vous avez une chance de réussir aux échecs. Plus exactement, s’il vous manque certaines de ces qualités, vous ne pourrez pas briller dans cette discipline et abandonnerez au bout de peu de temps.

Trois qualités pour viser le très haut niveau

Pour atteindre un très haut niveau, je pense qu’il est important d’avoir aussi les trois qualités suivantes:
L’harmonie. Je sais qu’on dit souvent qu’il faut avoir un bon sens mathématique pour briller aux échecs, mais je pense qu’il faut plutôt avoir un sens presque musical, pour savoir utiliser toutes les pièces ensemble comme si l’on dirigeait un orchestre.
Le goût du risque. Il est utile de savoir prendre des risques et bluffer. Quand vous ne trouvez pas de solution parfaite, vous devez oser prendre une décision qui ne sera peut-être pas idéale, mais qui fera peser un maximum de pression sur votre adversaire.
L’endurance. Légèrement différente de la concentration, l’endurance est la capacité à continuer, jeu après jeu, tournoi après tournoi (regardez les vidéos de Macauley et «Game After Game - Boris Gelfand’s Mantra»).
Le problème, selon moi, c’est que si vous possédez toutes ces qualités, une carrière bien plus lucrative que les échecs vous attend sans doute!

mardi 12 février 2019

Pourquoi jouer aux échecs ?

Plusieurs études ont démontré le lien entre l’apprentissage des échecs et les facultés cognitives. Quelques graphiques le démontrent :




Outre le fait que le jeu d’échecs permet réellement un éveil et une amélioration dans plusieurs domaines (concentration, raisonnement et mémoire) c’est avant tout un jeu amusant et fascinant à tous âges.   Source : Michel Noir, Docteur en Sciences de l’Education 
« Le jeu d’échecs possède cette remarquable propriété de ne pas fatiguer l’esprit et d’augmenter bien plutôt sa souplesse et sa vivacité », Stefan Zweig en 1943   dans Le Joueur d’échecs. 
Toutes les études faites sur le sujet ont confirmé que le jeu d’échecs permettait :
    • de développer une pensée logique  ;
    • d’améliorer la capacité à résoudre des problèmes  ;
    • d’améliorer l’attention et la concentration  ;
    • d’épanouir l’imagination et la créativité ;
    • de développer la capacité à prévoir les conséquences d’une action ;
    • d’encourager l’autonomie et la responsabilisation de l’enfant ;
    • de favoriser la mémoire ;
    • de renforcer la confiance en soi ;
    • de prendre conscience que le temps récompense nos efforts

samedi 12 janvier 2019

Marc'Andria Maurizzi

1re norme de Maître International pour Marc'Andria Maurizzi, 11 ans !    
07/01/2019

A seulement 11 ans, le jeune Bastiais Marc'Andria Maurizzi vient de décrocher à l'open international de Vandoeuvre une première norme de Maître International ! Un exploit rare à cet âge tant au niveau international que national. En France, seuls les deux meilleurs joueurs tricolores, Maxime Vachier-Lagrave et Etienne Bacrot, ont été aussi précoces.

Ce n'est pas là son seul coup de maître ! En 2017, Marc'Andria obtient le titre de champion d'Europe des moins de 10 ans (Roumanie), succédant après deux bonnes décennies d'écart à Etienne Bacrot (1993) et Adrien Leroy (1991).
Marc'Andria Maurizzi a terminé 11e ex æquo (13e au départage) à l'open international de Vandoeuvre en terminant à 6/9 et en réalisant une performance à 2474.

Prodige indien

Rameshbabu Praggnanandhaa © afp.
Le prodige indien des échecs Rameshbabu Praggnanandhaa est devenu ce week-end à douze ans le deuxième plus jeune grand maître international de l'histoire de la discipline, manquant le record d'âge à quelques mois près.
À 12 ans, dix mois et treize jours, ce fils d'un employé de banque de Chennai (sud de l'Inde) a décroché ce titre prestigieux grâce à sa performance lors d'un tournoi d'échecs à Ortisei (nord de l'Italie) qui s'est achevé dimanche.

Grade le plus élevé
À l'exception du titre de champion du monde, le grade de grand maître international (GMI) est le plus élevé que peut obtenir un joueur d'échecs. Le record du plus jeune grand maître reste détenu par Sergueï Kariakine, qui l'a atteint en 2002 à l'âge de 12 ans et sept mois pile.

Famille modeste
En raison de leurs modestes moyens, la famille de Rameshbabu Praggnanandhaa était réticente à ce qu'il se lance dans les échecs, jeu auquel il a commencé à manifester de l'intérêt dès l'âge de quatre ans.

"Passion inarrêtable"
"Mais sa passion de jouer aux échecs était inarrêtable, j'ai dû céder et l'ai mis dans des cours d'entraînement. Il est inarrêtable depuis", a déclaré son père, qui porte le même nom que son fils, à la presse indienne.

Talent précoce
"Il n'avait que six ans lorsqu'il a terminé second dans le championnat national des moins de huit ans. C'est là que j'ai su que je ne pouvais pas le retenir en raison de notre situation financière", a-t-il confié au site The News Minute.

Six heures par jour
Le jeune prodige s'entraîne au moins six heures par jour et regarde des parties sur internet. Sa soeur de 17 ans, Vaishali Rameshbabu, est également championne d'échecs chez les femmes.


dimanche 23 décembre 2018

La roue de Deming dans l'entraînement d'un joueur d'échecs


La roue de Deming est schéma organisationnel d’amélioration itérative d'un processus qui est au coeur de la démarche de l'entrainement du joueur d’échecs professionnel.


Cette méthode qualité PDCA (Plan Do Check Act) que l'ont rencontre dans les entreprises est utilisé par les joueurs. Son nom vient du statisticien William Edwards Deming. 

Idées-forces : Les progrès en matière de qualité et de management se font moins par des contrôles a posteriori que par une amélioration permanente des processus ou des activités par les acteurs de terrain.

La méthode comporte quatre étapes, chacune entraînant l'autre, et vise à établir un cercle vertueux. Sa mise en place doit permettre d'améliorer sans cesse la qualité d'un produit, d’un procédé ou d'un service. L’amélioration s’organise selon la séquence suivante :

1. Plan (planifier, préparer) : étudier un problème et définir une solution
2. Do (agir) : mettre en œuvre la solution
3. Check (vérifier, contrôler) : évaluer les résultats obtenus 
4. Act (améliorer) : tenir compte des résultats pour réétudier une autre solution si elle n’est pas satisfaisante ou, au contraire, si elle est satisfaisant, la rendre permanente, la standardiser, la généraliser.

La démarche de perfectionnement/d’entrainement du joueur d’échecs suit un cheminement tout à fait similaire. 

1 - Plan : La préparation des ouvertures 
2 - Do : La phase d’action c'est-à-dire le fait de jouer une partie face à un adversaire
3 - Check : Le contrôle qui s’apparente à l’analyse post-mortem de la partie pour repérer les erreurs commises, cette étape peut être réalisée par échange d’idée avec son adversaire mais aussi dans un second temps avec l’aide d’un logiciel qui mesure objectivement l’avantage ou le désavantage obtenu (exemple d’évaluation d’une position: +1.0 avantage côté blanc équivalent à un pion de plus, -3.0 déséquilibre en faveur des Noirs équivalent à un Fou ou un Cavalier en moins) 
4 - Act : L’amélioration qui consiste soit à trouver des idées meilleures (Dans le plan, la phase tactique) pour mieux jouer lors d’une prochaine rencontre, soit à capitaliser sur la réussite pour généraliser les idées. 

Ce système capitalise les pratiques ou les décisions prises. Une fois la séquence terminée par l’obtention d’une amélioration dans un domaine précis (tactique, stratégie, ouverture, milieu de jeu, finale pour le jeu d’échecs par exemple), le cycle reprend pour aller plus loin dans ce domaine, ou dans un autre, en s’assurant que les progrès sont durables. La succession des cycles PDCA doit permettre de construire une amélioration continue visant une maitrise des produits, des processus et des activités 

Utilisation du PDCA: Management opérationnel ou management de la performance. 

Les Echecs dans le milieu carcéral



La suite ici

jeudi 13 décembre 2018

A Cuba, la passion des échecs vibre encore






"Et aujourd'hui maman, j'ai danse ou échecs?" A quatre ans Ana Paula sait à peine compter et n'est pas particulièrement considérée comme un prodige, mais elle adore déjà cogiter devant l'échiquier d'un modeste club de La Havane.
Cuba est l'un des rares pays du monde, et probablement le seul en Amérique latine, où le jeu d'échecs constitue une véritable institution. 
Au début des années 1960, les castristes ont interdit les jeux de hasard et promu les échecs dans le quotidien des Cubains. A l'époque, Fidel Castro et Ernesto "Che" Guevara prenaient volontiers la pause devant les échiquiers et le jeu est même devenu plus tard obligatoire à l'école.
Aujourd'hui les échecs sont à peine moins populaires que le basket-ball, le baseball, le football ou l'athlétisme auprès des jeunes, si l'on se fie aux statistiques de fréquentation des tournois scolaires en 2014.
"L'après-midi, après la crèche, ma fille Ana Paula me demande si elle a danse ou échecs, cela me rend très fière", raconte à l'AFP Monica Barroso, sociologue de 30 ans. Le professeur lui a confié une mission : veiller à la maîtrise des mouvements du cavalier de Ana Paula.
Le plus prestigieux des jeux de plateau, qui a concentré l'attention mondiale au plus fort de la Guerre froide avec le "duel du siècle" disputé en 1972 par le Soviétique Boris Spassky et l'Américain Bobby Fischer, s'est imposé dans tous les secteurs de la société cubaine.
Depuis 2013 les échecs sont optionnels à l'école, mais d'innombrables parties se disputent dans les clubs ou s'improvisent aux rez-de chaussée des immeubles et dans la rue. Si les difficultés économiques compliquent l'acquisition d'un échiquier dans un pays où le salaire moyen avoisine les 25 euros mensuels, l'engouement ne faiblit pas. 
Au détour d'une rue du centre de La Havane, deux hommes en chemisette sont allongés à même le trottoir. Imperturbables, ils déplacent frénétiquement des pièces sur une toile élimée lors d'une partie de blitz, variante "éclair" n?excédant pas cinq minutes.
"Il n'est pas permis de boire, de faire d'esclandres, ni de parier", explique Rolando Ramos, ex-professeur de mathématiques âgé de 61 ans, qui avoue jouer jusqu'à 5 heures par jour.
Comme pour le football de rue, le propriétaire du matériel impose les règles : Rolando est le seul autorisé à manifester des sautes d'humeur après une partie perdue.
- L'école, vivier de champions -
Depuis 13 ans, les échecs sont présents sur l'antenne de la télévision d'Etat, qui diffuse leçons et documentaires sur l'histoire du jeu. En ville, de petits fascicules techniques noir et blanc s'arrachent pour moins d'un centime d'euro.
Danilo Buela, directeur de l'Institut supérieur latino-américain des échecs (ISLA), école d'Etat gratuite où Ana Paula suit ses leçons, est un expert reconnu sur l'île. Il a dispensé de nombreux cours à la télévision. 
"Cuba a formé 43 grands maîtres (dont neuf femmes, ndlr). Certains pays en ont davantage, mais ils ont plus de 11 millions d'habitants", souligne-t-il fièrement.
Le numéro un cubain Leinier Dominguez, au 17e rang mondial, est le seul Latino-américain classé parmi les 100 premiers. Mais la légende du jeu reste José Raul Capablanca, champion mondial entre 1921 et 1927. Il fut l'une des étincelles qui réveilla une passion cubaine ensuite amplifiée par les "barbus" révolutionnaires.
Leinier Dominguez se souvient avoir été repéré dès les bancs de l'école.
"Le programme de massification, qui a touché tout le monde, a toujours été un avantage de Cuba sur les autres pays (...) Tu te rends compte que dans la rue, les gens en savent long sur les échecs", explique-t-il à l'AFP.
"La discipline s'est généralisée et les jeux de hasard ont été interdits, mais les salons et les académies où l'on s'entraînait ont disparu", regrette pourtant Moisés Noa, un électricien de 60 ans.
Aujourd'hui, la rue a pris le relais : les échiquiers y disputent aux tables de dominos sur les trottoirs de La Havane. Sur l'avenue du Prado, théâtre cette année du très médiatique et glamour défilé Chanel, des grappes d'hommes, pour certains en bleu de travail, perpétuent la tradition.
Pendant les parties, ils débattent de rencontres légendaires, des stratégies des grands maîtres. Autour d'eux, observent curieux et quelques jeunes. Parfois l'un d'eux défie ses aînés... puis réalise qu'il lui reste beaucoup à apprendre.

lundi 15 octobre 2018

Charles Aznavour jouait aux échecs pour combattre le trac

Charles Aznavour nous a quittés le 1er octobre 2018. Nous avons perdu un immense chanteur, bien sur, mais aussi, un joueur d'échecs un peu particulier... 

Nous avons trouvé une révélation intéressante du chanteur, auteur, compositeur et acteur. Dans le 5ème et dernier volet de la série "A voix nue" datant de 2005, Charles Aznavour (1924-2018) raconte ses rituels d'avant scène et parle de la détermination qu'il a développée dans son métier, de la postérité des chanteurs et de ce qu'être autodidacte lui a coûté comme effort pour se cultiver. Voici un court extrait où il évoque sa pratique des échecs.

Avant de monter sur scène, le grand Charles Aznavour avait un rituel pour combattre le stress : "À l'entracte, je rentrais pour faire une partie d'échecs, et on ne mettait fin à l'entracte que quand j'avais terminé ma partie. Heureusement pour le public, je jouais très vite aux échecs !" 
La pochette d'un album de Charles Aznavour devant un échiquier
A une époque comme je n'aimais pas arriver dans une salle pleine, sortant d'une loge vide, j'avais pris l'habitude de jouer aux échecs. et je jouais aux échecs jusqu'à la dernière minute. Comme ça je sortais avec une foule d'idées dans la tête pour entrer dans une foule dans la salle et ça m'a beaucoup aidé pour vaincre le ..., cet espèce de stress qu'on appelle le trac. 
Ça veut pas dire que je ne suis pas fébrile avant de rentrer en scène. Je n'ai plus le trac. Le trac c'est paralysant, la fébrilité c'est la plupart du temps, au contraire, constructif. Alors ça je l'ai fait pendant des années et à l’entracte je rentrai pour faire une partie et on mettait fin à l’entracte que quand j'avais terminé ma partie. Mais le public avait de la chance quand même parce que je jouais très vite aux échecs " (A voix nue - France Culture 2005). 

Jouer aux échecs au bord d'une piscine pour se rafraîchir les idées ! 

Charles Aznavour et Gilbert Bécaud jouent aux échecs à Saint-Tropez en 1974 - Photo © James Andanson/Sygma - Getty
Charles Aznavour et Gilbert Bécaud jouent aux échecs à Saint-Tropez en 1974 

mardi 19 juin 2018

1000 élèves joueurs d'échecs au Blanc-Mesnil

                   Marie Sebag au Blanc-Mesnil

Le jeudi 14 juin 2018, plus de 1000 élèves étaient rassemblés pour la troisième année consécutive au Blanc-Mesnil avec un objectif : battre aux échecs en parties majoritaires Thierry Meignen, maire de la ville. Reportage vidéo.



Le jeudi 14 juin 2018, plus de 1000 élèves étaient rassemblés pour la troisième année consécutive au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) avec un objectif : battre aux échecs en parties majoritaires Thierry Meignen, maire de la ville du Blanc-Mesnil, qui a instauré l'apprentissage du jeu d'échecs tout au long de l'année, sur le temps scolaire.
Une délégation de la ville d'Agen était présente, composée de Mme Maïté Francois, adjointe au maire, Mme Gandard, directrice de l'école élémentaire Sembel, Mme Muriel Gay, directrice enfance éducation jeunesse et sports. Sans oublier la visite de Marie Sebag, grand maître d'échecs et meilleure joueuse française.
1000 écoliers défient leur maire | Le reportage vidéo par Europe-Échecs.

Philippe Moreira Chef de projet Jeu d'Échecs en temps scolaire.
Président de l'Echiquier Blanc-Mesnilois

L'école Albert Calmette est arrivée deuxième au classement général
Thierry Meignen, maire de la ville du Blanc-Mesnil, termine les parties majoritaires.
Marie Sebag, grand maître d'échecs et meilleure joueuse française.
Pause déjeuner pour plus de 1000 écoliers du Blanc-Mesnil.
La délégation de la ville d'Agen : à gauche, Mme Gandard, directrice de l'école élémentaire Sembel, 3e à partir de la gauche Mme Maïté Francois, adjointe au maire à l’éducation et à la jeunesse, à droite, Mme Muriel Gay, directrice enfance éducation jeunesse et sports.